LE VALOIS DE VILETTE DE MURCAY DE CAYLUS Marthe-Marguerite

Catégorie: Portraits
Année : 1743

 

*P.1444

Huile sur toile [esquisse]
Dimensions inconnues [tête]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Attitude élaborée vers 1743 pour la gravure de Daullé ; mentionné dans les livres de comptes en 1743 (ms. 624, f° 46 v° : « [rajout de Hulst :] Il fit aussi l’esquisse d’après lequel a été gravé par Daullé le portrait de Madame la comtesse de Caylus »).

Bibliographie :

Hulst/3, p. 199 ; Mariette, 1740-1770, VII, fol. 120, v° ; Delignières, 1872, n° 84, p. 62-63 ; Roman, 1919, p. 222 ; Perreau, 2004, p. 166-167 ; Perreau, 2013, cat. *P.1444, p. 305.

Œuvres en rapport :

  • 1. Gravé par Jean Daullé en 1743 d'après Rigaud. H. 39,6 ; L. 27,7. Buste avec une main, à gauche, dans une fenêtre de pierre ornée d’un drapé. Dans le cartouche : « MARGUERITE DE VALOIS / COMTESSE DE CAYLUS, / Morte à Paris, le 15 avril 1729, agée de 57 ans ». Sous le trait carré : « Fait par Hyacinth[e]. Rigaud, écuyer Chevalier de l’ordre de S[ain]t Michel et gravé par Jean Daullé, graveur du Roy. 1743 ». Plus bas : « Amicorum dulciffima cura fuorum ».

  • 2. Pierre noire et rehauts de blanc sur papier bleu (main et nœud). H. 30,5 ; L. 23. Localisation actuelle inconnue. Dessiné vers 1743 ; vente Paris, hôtel Drouot, Ader-Picard-Tajan, 6 juin 1989, lot 131.

Descriptif :

Marthe-Marguerite Le Valois de Villette de Murcay, comtesse de Caylus (1673-1729), était la nièce de la marquise de Maintenon. Son grand-père, Benjamin de Valois, marquis de Villette avait épousé Arthemise d’Aubigné, fille du fameux Théodore-Agrippa d’Aubigné, lui-même père de Madame de Maintenon. Quant à son père, Philippe Le Valois, marquis de Villette (1632-1707), il fut peint par Rigaud en 1687. Étant jeune, Madame de Caylus fut très appréciée à la cour pour sa beauté, et triompha devant Louis XIV à Saint-Cyr pour son interprétation dans Esther de Racine : « Jamais (nous dit Saint-Simon) un visage si spirituel, si touchant, si parlant, jamais une fraîcheur pareille, jamais tant de grâces ni plus d’esprit, jamais tant de gaité et d’amusement, jamais créature plus séduisante ». Quant à l’abbé de Choisy, il achève un portrait très flatteur de notre modèle : « Les jeux et les ris brillaient à l’envi autour d’elle, son esprit était encore plus aimable que son visage ; on n’avait pas le temps de respirer ni de s’ennuyer quand elle était quelque part. Toutes les Champmeslés du monde n’avaient point ces tons ravissants qu’elle laissait échapper en déclamant ; et si sa gaieté naturelle lui eût permis de retrancher certains petits airs un peu coquets que toute son innocence ne pouvait pas justifier, c’eût été une personne accomplie ». La jeune Marthe-Marguerite, après avoir refusé maint prétendants, épousa vers 1686 Jean-Anne de Caylus, Lieutenant Général, menin du Grand Dauphin, qui passa sa vie sur les champs de bataille : « Au commencement de novembre [1704] mourut, sur la frontière de Flandre, un homme qui fit plaisir à tous les siens, ce fut Caylus, frère de celui d’Espagne[1] et de l’évêque d’Auxerre [...]. Il était blasé, hébété, depuis plusieurs années, de vin et d’eau-de-vie, et était tenu à servir, hiver comme été, sur la frontière, pour qu’il n’approchât ni de sa femme ni de la cour. Lui aussi ne demandait pas mieux, pourvu qu’il fût toujours ivre »[2]. La jeune comtesse de Caylus eut tout de même le temps de mettre au monde un fils, Anne-Claude-Philippe de Tubières de Grimoard de Pestels de Lévis, comte de Caylus (1692-1765), archéologue distingué et homme de lettre réputé dont Nicolas de Largillierre a peint un portrait présumé[3]. C’est d’ailleurs lui qui fut le commanditaire de la gravure, la comtesse était morte depuis le 15 avril 1729.

Selon Mariette, Rigaud a confectionné un « buste sans main [sic] accomodé par M[onsieu]r Rigaud d’après un petit portrait en miniature, dont il na pris que la tête et la coeffure. L’attitude et les autres accompagnements sont de sa composition. P[eint] ou plutôt esquissé. G[ravé] la même année par J. Daullé ». Hulst, quant à lui, penche plutôt pour un dessin imaginant la totale ordonnance dont témoigne la gravure, selon un système déjà observé dans plusieurs autres œuvres à l'intar de la feuille mettant en scène le buste peint du graveur Edelinck. Selon un principe déjà éprouvé, Rigaud testa sur le papier diverses détails de l'attitude. On en garde un témoin avec une étude de main et de nœud qui semble préparatoire à l'attidude transposée en gravure. Portalis, pour sa part, atteste que le portrait dont fut issue la gravure était de la main de Rigaud et était en possession du comte de Caylus : « Les vêtements, la mantille y sont traités avec plus de soins et d’attention que la tête. » 


[1] Généralissime des armées de Philippe V.

[2] Saint-Simon, Mémoires, III, p. 133.

[3] Huile sur toile. H. 81 ; L. 65 cm, vendu dans le commerce d’art en 1998 par Cyrille de Gunzburg.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan