RIGAUD Hyacinthe

Catégorie: Autoportraits
Année : 1710

 

P.1355             

Autoportrait d’Hyacinthe Rigaud dit « au cordon noir »

Âge du modèle : 51 ans

Huile sur toile
H. 80 ; L. 66.
Perpignan, musée Rigaud. Inv. 820-1-2.

Historique :

Absent des livres de comptes ; élaboré vers 1710 ; Achat (6000 francs) avec le portrait du cardinal de Bouillon par Joseph Tastu (imprimeur-libraire de Perpignan).

Bibliographie :

Cat. Perpignan (Crouchandieu), 1884, n°71, p. 88 ; Colomer, 1973, repr. p. 42 ; Lethuillier, 2002, p. 117 ; Perreau, 2004, p. 146,  repr. p. 147, fig. 114 ; cat. Exp. Rigaud intime, La Célestina, 2009, n°13, p. 98, ill. p. 106 ; Perreau, 2013, cat. P.1355, p. 276.

Expositions :

Versailles, 1937 ; Toulouse, 1956 ; Gérone, 1957 ; a figuré à la Foire expo. de Perpignan en juin 1964 ; Perpignan, 2009, cat. 13.

Œuvres en rapport : 

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, loc. inc. (vente Berlin, Paul-Mersel, 1er mars 1905, lot 89).
  • 2. Gravé par Benfredi (avec variantes). 

Ce nouvel autoportrait d'Hyacinthe Rigaud connaîtra un vif succès et sera repris avec variantes par l’artiste tout au long de la fin de sa vie. Si le fameux « cordon noir » fait référence à la couleur du nœud de soie attachant la perruque de Rigaud, en revanche apparaît pour la première fois dans son dos l’écharpe correspondant au titre de Chevalier de l’Ordre de Saint-Michel que le catalan reçoit le 22 juillet 1727 sur l’ordre de Louis XV. Compte tenu de la jeunesse des traits du peintre par rapport aux autoportraits dérivés d’un modèle élaboré vers 1727, nous pensons que la distinction obtenue par Rigaud a été rajoutée par la suite. Rigaud se représente en buste, tourné vers la gauche du tableau, la tête légèrement tournée vers le spectateur. Il tient dans l’une de ses mains sa palette de couleurs et un faisceau de pinceaux, insignes de son art. Sans doute par goût personnel, l’artiste choisit une couleur sombre pour son propre vêtement, dont quelques galons d’or,  les boutons, de même que la manche viennent rehausser discrètement.

Comme nous l’avons évoqué à l’occasion du portrait de la famille Le Juge, Rigaud fait également apparaître sur le chevalet l’esquisse correspondant à la partie droite du tableau d’Ottawa. On y retrouve ainsi sa femme accompagnée de sa fille, sorte de référence à son récent mariage de 1710. On regrettera sans doute que l’artiste n’ait pas souhaité se représenter au sein d’un portrait de famille plus intimiste, à l’imitation de Largillierre (Brême, Kunsthalle). Dans tous les cas la physionomie du peintre est très proche de celle de l'autoportrait dit au porte mine, réalisé en 1711 à la demande du sieur d'Assenet, plaidant pour une datation assez rapprochée entre les deux tableaux.

Notons que le peintre génois Anton Maria Piola (1654-1715) réalisa d’après cet Autoportrait une effigie d'Hyacinthe Rigaud aujourd'hui conservée Palazzo Bianco de Gênes.

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan