ÉTUDES DE MAINS

Année : 1715

 

P.1225

Huile sur toile
H. 41 ; L. 32 cm
Montpellier, musée Fabre. Inv. 49-6-1.

Historique :

Peint vers 1710-15 ; acquit en 1949.

Bibliographie :

Cayeux, 1951, p. 35-42, 44 ; Gallenkamp, 1956, p. 319 ; Schnapper, 1980, n° 1, p. 53-58 ; Rosenfeld, 1981, p. 290 ; Coquery, 1997, p. 151, n° 92, p. 244-245 [James] ; Perreau, 2004, p. 115-117 ; James-Sarazin, 2009/1, n°100, p. 160, 166 ; Zeder, 2011, cat. 65, p. 120 ; Perreau, 2013, cat. P.1225, p. 244-245.

Expositions :

Rouen, 1980, n°210 ; Nantes-Toulouse, 1997, n°92, repr. p. 151 ; Perpignan, 2009, cat. 100

Évoquant la mémoire de Rigaud dans un long article du Mercure de France (1744, II), Hyacinthe Collin de Vermont soutient « qu’il a porté au plus haut degré cette partie si considérable dans les tableaux, où si peu de peintres excellent et où les connoisseurs fixent d’abord leur attention, je veux dire les mains qu’il a peintes d’une beauté et d’une correction parfaite ». Suggestive, volubile, éloquente, la main est chez Rigaud au cœur de cette rhétorique des gestes qui, variant au gré du modèle, révèlent une part de son être social. Aussi lui inspire-t-elle nombre d’études, à l’image de celles, une dizaine, inventoriées en 1761 parmi les dessins de la collection Collin de Vermont. À ces dessins viennent s’ajouter des études à l’huile dont la toile de Montpellier et celle de Rouen sont de rares exemples. On connaît la même technique chez Largillierre (Paris, musée du Louvre). Son attribution à Rigaud ne suscite guère de doute : ces mains, élégantes et languides, aux longs doigts, aux bouts aplatis, aux ongles courts servent indistinctement à tous les portraits de l’artiste. Loin d’être exécutées d’après nature, elles se conforment à un modèle, celui des mains d’hommes et de femmes « moulées […] en plâtre qu’accompagnent dans l’atelier les morceaux d’étoffes […] servantes [sic] à peindre les draperies d’après le vray et la cuirasse de fer battu à froid avec ses brassards et son casque réservée aux princes et aux maréchaux » (Inventaire après décès d’Hyacinthe Rigaud, 1744, n°322, 324, 325)

La main esquissée en haut à droite et celle baguée en bas à gauche, sont celles que l’on retrouve par exemple dans les portraits de trois évêques : René-François de Beauvau du Riveau en 1715, Charles de Saint-Albin en 1723 ou Claude de Saint-Simon, dans sa version gravée, extrapolée d’après un autre prélat. La main centrale (vue à l’envers), posée sur le dos d’un fauteuil, rappelle la main de Gaspard de Gueidan dans le dessin correspondant au projet inital. Quant à celles, en bas à droite, posées l’une sur l’autre sur un bâton, elles empruntent à la posture de type 1704 et inaugurée notamment avec le portrait de Vauban.

Localisation de l´œuvre :

Montpellier, musée Fabre, France

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan