NEUVILLE DE VILLEROY François de

Catégorie: Portraits
Année : 1698

 

*P.542

Âge du modèle : 54 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [en pied]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1698 sans prix (ms. 624, f° 14 v°, rajout de Hulst : « Mons[ieu]r. le maréchal de Villeroy [autre rajout : Villeroi] »).

Bibliographie :

Hulst/2, p. 167 ; Hulst/3, p. 180 ; Roman, 1919, p. 63, 76, 95, 96, 98, 104, 105, 134, 153, 159, 162, 170, 173, 174, 183 ; Weigert, 1961, IV, n° 390, p. 69 ; Perreau, 2004, p. 108, 204 ; Marcheteau de Quincay, 2006, p. 15 ; Perreau, 2013, cat. *P.542, p. 136.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 139 ; L. 114. Château de Vaux-le-Vicomte.
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud (?), H. 135 ; L. 112. Loc. inc. (vente Paris, 28-29 avril 1922, Séquestres de MM. de Villeroy et Böhler).
  • 3. Huile sur toile d’après Rigaud (?), H. 82 ; L. 65,5. Collection particulière (vente Paris, hôtel Drouot, Rieunier, 12 décembre 1990, lot 81bis).
  • 4. Gravé par Gérard Edelinck « figure jusqu’aux genoux » en 1712, « la tête par Simonneau ; le reste par Edelinck » nous dit Hulst. H. 51,1 L. 34,3. De part et d’autre d’une composition aux armes, la lettre suivante : « François de Neuville - Duc de Villeroy et de Beaupreau / Pair et Maréchal de France, Chevalier - des Ordres du Roy, Capitaine de la / première et ancienne Compagnie - Francoise des Gardes du Corps, Gouverneur / et Lieutenant Général pour Sa Majesté - de la Ville de Lion et de ses Provinces de / Lionnois, Forest et Beaujolois, Général - de ses Armées ». Sous la lettre : « Hyacinthe Rigaud pinxit - F. Edelinck eques Sculpsit ».
  • 4b. Gravé par Étienne Jehandier Desrochers sans date, en buste dans un ovale, en contrepartie du portrait original mais avec une disposition des bras différente. Dans la bordure de l’ovale : « Francicus Villaregius Franciae Mariscallus ».
  • 4c. Gravé par un anonyme, sans date suivant la posture adoptée par Desrochers, H. 22 ; L. 16,1. Dans le socle sous l’ovale : « FRANCOIS DE NEVFVILLE DVC DE VILLEROY etc / Pair et Maréchal de France ».
  • 4d. gravé par Antoine Leclerc, graveur au burin, éditeur et marchand d'estampes lyonnais, au prix de quelques variantes (les bras sont inversés), dans un ovale tourné vers la gauche. Dans la bordure la lettre suivante : « FRANCISCUS VILLAREGIUS FRANCIÆ MARESCHALUS ». Sous le trait carré, à gauche : « A. Leclerc fecit Lugd. ».

Copies et travaux :

  • 1699 : Leprieur exéreçoit 32 livres pour « deux copies de Monsieur de villeroy » et 16 autres pour « deux têtes de Monsieur de villeroy » (ms. 625, f°6 v°).
  • 1699 : Legros reçoit 12 livres pour « deux habits de Monsieur De villeroy », peut-être ceux des têtes faites par Leprieur la même année (ms. 625, f°7).
  • 1702 : Bailleul reçoit 5 livres pour un « Autre [habillement] de M[onsieu]r le mare[cha]l de villeroy » et 5 autres pour un habit « du même » (ms. 625, f°14).
  • 1702 : Fontaine reçoit 12 livres pour « deux têtes de M[onsieu]r le mar[éch]al de villeroy » (ms. 625, f°14 v°).
  • 1703 : « une [copie] de monsr Le marechal de Villeroy p[ou]r son Cap[itai]ne des gardes » pour 75 livres (ms. 624, f°22).
  • 1707 : Leprieur reçoit 8 livres pour avoir « ébauché le portrait de m[onsieu]r de villeroy en pied deux journée » et 16 autres pour avoir « finy la cuirasse, les mains, lecharpe et le casque 4 journées » (ms. 625, f°22).
  • 1707 : « Avoir coppié une bataille d’après M[onsieu]r Paroussel [Parrocel], 5 journées » rapporte à Leprieur 20 livres, sans doute la bataille que l’on voit dans le portrait du Grand Dauphin et reprise ici à l’identique pour Villeroy (ms. 625, f°22).
  • 1708 : Monmorency reçoit 6 livres pour avoir « habillé m[onsieu]r de villeroy » (ms. 625, f°24).
  • 1710 : « Une [copie] de M[onsieu]r le M[aréch]al de villeroy p[ou]r de M[onsieu]r le juge, fermier g[é]n[ér]al » contre 250 livres (ms. 624, f°31 v°).
  • 1711 : « Une [copie] de M[onsieu]r le M[aréch]al de Villeroy p[ou]r M[onsieu]r annisson » pour 75 livres (ms. 624, f°33). Le commanditaire est probablement le lyonnais Jean Anisson (1648-1721), directeur de l'imprimerie royale, dont le fils deviendra un probable client de Rigaud en 1727.
  • 1711 : « Un buste du Marechal de Villeroy » rapporte 24 livres à Bailleul (ms. 625, f°29).
  • 1713 : « Une Copie de M[onsieu]r le M[aréch]al de Villeroy p[ou]r la ville de Lyon » pour 1100 livres (ms. 624 f°35).
  • 1713 : « Une autre [copie] pour le provost des marchands de la ville de lyon » pour 500 livres (ms. 624 f°35).
  • 1713 : « une [copie] de M[onsieu]r le M[aréch]al de Villeroy p[ou]r M[onsieu]r Duret » pour 75 livres (ms. 624 f°35 v°).
  • 1713 : Bailleur est occupé « Cinq jours a la grande coppie de M[onsieu]r le Marechal de villeroy » et en reçoit  20 livres (ms. 625, f°30)
  • 1714 : Bailleul reçoit 70 livres pour « une coppie de M[onsieu]r le marechal de Villeroy toille de 4 l[ivres] t[ournois] hors la drapperie et le paisage » (ms. 625, f°30 v°).
  • 1714 : Vialy reçoit 40 livres pour « deux bustes de M[onsieu]r le M[aréch]al de Villeroy » (ms. 625, f°31 v°).

Cette mention d’un portrait de François de Neuville (1644-1730), duc de Villeroy, nous ramène à la première effigie élaborée par Rigaud dès 1691 [*P.230]. Le modèle était en effet devenu maréchal de France depuis 1693 et souhaita donc commémorer cette distinction par une composition beaucoup plus vaste, sur le modèle de celle pour laquelle opta le Grand Dauphin l'année précédente. Cette volonté d'imitation s'imposait comme un geste politique plus que comme un chois artistique, le modèle s'assurant de l'impact que pourrait avoir la posture sur le public.

Villeroy restait également un fidèle client du peintre : il payera non seulement 150 livres en 1701 pour une copie du portrait de Philippe V (« une pour m[onsieu]r Le Duc de Villeroy », ms. 624, f°19 v°) mais trois des ses enfants furent également clients de l’artiste [*P.190 et *P.327].

L’année 1715, quant à elle, marque l’habillement par La Penaye du buste de « Mad[am]e de Villeroy », sans doute l’épouse du maréchal, pour 12 livres, sans que l’on sache quand le portrait original a été peint. Il ne peut s’agir de la duchesse de Villeroy, Marguerite Le Tellier (1678-1711), fille de Louvois, qui avait épousé en 1694, Louis-Nicolas de Neuville, duc de Villeroy.

Le prototype qui inspira le portrait du maréchal se retrouve dans la copie que conserve le château de Vaux-le-Vicomte, élaborée par le catalan sur le principe d’un homme en armure avec bâton de commandement devant un paysage de bataille, et que la gravure d’Edelinck reproduit fidèlement. Il existe également au château de Versailles une extrapolation par Alexandre-François Caminade (1789-1862) sur une posture en pied d’Anne-Jules de Noailles (huile sur toile. H. 215 ; L. 140. Inv. 3132, MV1043, LP 1487. Voir Constans, 1995, I, p. 137, n°769). Notons que la variante gravée par Leclerc de Lyon devait sans doute avoir un équivalent peint comme le prouve le travail de La Penaye en 1716. À cette date, il exécute « une armure d’après M[onsieu]r D’avaret sur le buste du mareschal de Villeroy » pour 6 livres (ms. 625, f°31 v°). 

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan