ANONYME

Catégorie: Portraits
Année : 1691

 

P.223

Huile sur toile
H. 82,5 ; L. 67.
Paris, galerie Franck Baulme en 2010

Historique :

Peint vers 1691 ; Lille, commerce d’art ; Paris, galerie Charvet, 2007 [expertisé par Stéphan Perreau à cette occasion] ; Marseille, collection Franck Baulme, 2007 [échanges avec le collectionneur]).

Bibliographie :

Perreau, 2013, cat. P.223, p. 89 ; James-Sarazin, 2016, II, cat. P.683, p. 230-231 [ecclésiastique anonyme ; « Les traits de cet ecclésiastique ne sont pas sans rappeler, comme nous l'avons souligné en 2009 [ndr : conférence du 19 npvembre 2009 à la BNF sur Bignon], ceux de Jean Paul Bignon »

Descriptif :

Ce beau et relativement vaste portrait d’ecclésiastique, présente à ce jour une formule relativement inédite. En buste, la tête est tournée vers la droite et le regard perdu hors de la scène. Malgré un appauvrissement certain du relief de la matière et de grandes déchirures au bas de la composition, cette toile figure un homme dans la force de l’âge, vêtu d’un manteau sombre et du collet symptomatique de ses fonctions. La chevelure naturelle, traitée avec légèreté et fougue, trahit par transparence la fameuse préparation rouge dont Rigaud enduisait ses toiles. Le visage, plein de bonhomie, est sans doute très proche d’une ressemblance parfaite, n’omettant pas le goitre de ce personnage. On voit encore, notamment dans les yeux et le nez, les coups de brosse virilement portés qui, de loin, donnent une véritable profondeur au regard. Rigaud a soigneusement pris la peine de recouvrir ce buste d’un large manteau aux ondulants drapés dans un camaïeu de noir, ceci afin d’éviter de représenter des mains qui auraient augmenté le prix de la composition.

Malgré une inscription relativement moderne sur le châssis de rentoilage et identifiant le modèle comme « le comte de Chateaubriand », nous ne pouvons souscrire à cette hypothèse assez fantaisiste compte tenu de la généalogie des clients habituels du maître. On a aussi tenté de rapprocher ces traits de ceux de l'abbé Bignon mais, selon nous, sans conviction aucune. La lourde bordure XIXe ne donne pas non plus d’indices sur la provenance de cette œuvre.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan