ESTAVAYER MOLLONDIN François Henry d'

Catégorie: Portraits
Année : 1705

 

P.901

Âge du modèle :  32 ans

Huile sur toile
H. 82 ; L. 64,5.
Neufchâtel, musée d’art et d’Histoire. Inv. AP 591.

Daté et signé au dos : « AETATIS Suae 32 / Hyacinthe Rigaud ft à Paris. 1705. »

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1705 pour 140 livres (« M[onsieu]r de Mollondin, de Suisse ») ; Ancienne collection H. Diesbach ; Déposé par la fondation Gottfried Keller au musée historique.

Bibliographie :

Bachelin, 1878, p. 171 ; Roman, 1919, p. 116, 117, 126 ; Scheurer, 1987, 20-21 ; Perreau, 2013, cat. P.901, p. 192.

Œuvres en rapport : 

  • 1. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 81 ; L. 65 cm. Schloss Blumenstein.

Copies et travaux :

  • 1705 : « Une [copie] de M[onsieu]r de Mallodin pour M[onsieu]r Bourret » pour 50 livres (ms. 624, f°24, v°).
  • 1706 : « Une [copie] de la famille de M[onsieu]r Bourret p[ou]r m[onsieu]r de Mollondin » pour 375 livres (ms. 624, f°23 v°). 
  • 1706 : Bailleul reçoit 9 livres pour avoir fait « une tête de M[onsieu]r Molondin » (ms. 625, f°19).

La famille d’Estavayer (von Stäffis) apparaît dès le XIIe siècle et comptait déjà plusieurs branches : les d’Estavayer-Bussy, les d’Estavayer-Mollondin, les d’Estavayer-Montet et les d’Estavayer-Lully (Fribourg). Marié en 1701 à Maria-Franziska Greder von von Wartenfels (1674-1743), issue d’une famille patricienne soleuroise, Franz Heinrich von Stäffis-Mollondin, sous son nom francisé de François-Henry d’Estavayer-Mollondin, seigneur de Barberêche naquit le 7 février 1673. Il était le fils de Marie-Barbe von Praroman-Diesbach qui avait épousé en 1662, François-Louis Blaise d’Estavayer-Mollondin (1639-1692) dont la famille joua un rôle majeur à Neuchâtel, Soleure et était au service de la France.

En effet, Estavayer le père fut notamment capitaine au régiment des Gardes suisses au service de France de 1664 à 1668, secrétaire-interprète de l’ambassadeur de France en Suisse, conseiller d’Etat de la principauté de Neuchâtel (1663), lieutenant du gouverneur de 1664 à 1670, intendant des bâtiments (1686) et bailli de Kriegstetten. Leur fils, le modèle de Rigaud, sera membre du Grand Conseil de Soleure dès 1690, officier au régiment des gardes-suisses du roi (1699) puis membre du Petit Conseil (Jungrat) en 1702. Nommé par Marie de Nemours, conseiller d’État et lieutenant du gouverneur de la principauté de Neuchâtel en 1694, Mollondin fut gouverneur de la principauté de 1699 à 1707, le dernier sous les Orléans-Longueville. Il revint à Soleure après 1707, fut élu bailli du Bucheggberg de 1708 à 1711, puis Altrat en 1715. En 1723, il fut le candidat du parti Besenval au poste de trésorier, puis à celui de banneret, mais ne fut pas élu. Il termina sa carrière comme conseiller secret en 1740 avant de décéder le 8 juillet 1749 à Soleure. François-Henry eut un fils, Laurent d’Estavayer Mollondin (1702-1757), mort à Grenoble.

Le passage de Mollondin chez Rigaud correspond avec la confection du fameux portrait de la duchesse de Nemours. Il n’est donc pas étonnant de constater une amitié attestée entre Estavayer et le trésorier de la duchesse, Bouret, autre client de l'artiste. D’ailleurs, le travail effectué par l’atelier en 1706 témoigne de la sûreté du goût du catalan puisqu’il exécute (ou fait exécuter) une copie d’un portrait de la famille du même trésorier et représentant probablement plusieurs personnages dans un même tableau. Difficile cependant d’affirmer s’il s’agissait d’une œuvre de Rigaud ou d’un autre artiste [1].

Le 9 avril 1709, Estavayer, qui se faisait également appeller Stäffis am See (Estavayer-le-lac), reçut également en cadeau le château de Blumenstein de son beau-frère, Franz Lorenz von Greder (1658-1716), également client de Rigaud, nous l’avons vu. Notons que ces différentes familles suisses sollicitèrent en priorité des artistes français pour la confection de leurs portraits de famille. On connaît ainsi un autre portrait de Franz Heinrich, à mi-corps, vêtu d’une armure et la main posée sur un casque, dans un style très proche de Rigaud. Quant à Maria-Franziska, son effigie doit beaucoup au style du catalan mais également aux archétypes de Largillierre. Leurs deux enfants, Maria Barbara Franziska (1705-1758) et Joseph Lorenz (1702-1757) furent réunis en un charmant tableau sans doute du au pinceau d’un suiveur d’Antoine Pesne (Schloss Blumenstein).

 


 1. James-Sarazin,  l'attribue cependant à Rigaud dans son catalogue de 2016 (II, cat. *P.990, p. 333, « la famille de François Bouret »).

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan