GIRARDON François

Catégorie: Portraits
Année : 1689

 

P.181

Âge du modèle : 62 ans

Huile sur toile à l’origine de format ovale
H. 84 ; L. 75 cm
Milan, Civico Museo d’Arte Antica, Castello Sforzesco. Inv. 452

Inscrisption apocryphe au dos de la toile d’origine (visible avant le rentoilage de 1915) : « Portrait du fameux François Girardon, sculpteur du roi Louis XIIII, Chancelier de son académie de peinture et de sculpture célébré par les excellents ouvrages qu’il a faict à Versailles et par le superbe mausolée du cardinal de Richelieu qui est à la Sorbonne peint par son ami Hyacinthe Rigaud, en 1689 à Paris ».

Bibliographie :

Rigaud, 1716, p. 115 ; Dezallier d’Argenville, 1745 (1752), IV, p. 311 ; O’Neill, 1987, p. 23-27 ; Brême, 2000, p. 66-67 [=La Fosse] ; Gustin-Gomez, 2006, II, cat. I.4 [=La Fosse] et cat. I.5 [=La Fosse par Rigaud] ; Perreau, 2013, cat. P.181, p. 83.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile, v. 1689, H. 81 ; L. 65 cm. Château de Parentignat, coll. marquis de Lastic (vente Paris, Palais d’Orsay, Couturier-Nicolay, 7 décembre 1979, lot 40 [=duc d’Antin]).
  • 2. Huile sur toile, v. 1689, H. 49 ; L. 37 cm. Madrid, Museo Cerralbo. Inv. 03237. Identifiée dans le catalogue du musée comme « portrait d'un homme en cheveux brun et une chemise déboutonnée » v.1701-1725, cette petite étude anciennement ovale doit être mise en relation avec les deux œuvres ci-dessus. Répertoriée par Juan Cabré dans l'inventaire de 1924 comme une œuvre de Nicolas Largillière, le petit tableau fut rendu à Rigaud par Juan Luna en 1981. Selon Cabré, il existe une ancienne étiquette sur la traverse du chassis indiquant le nom de « M. Despois ».

Rejetée de l’iconographie du sculpteur François Girardon (1627-1715) par Dominique Brême qui y voyait un possible portrait du peintre Charles de La Fosse (rejoint en cela par par Gustin-Gomez), cette toile doit, à notre sens, bien être considérée comme figurant les traits de Girardon. En comparant ce visage à celui livré par Rigaud et son aide d’atelier, Adrien Leprieur en 1705 à l’occasion d’un second portrait attesté du sculpteur, on retrouve bien les mêmes caractéristiques de sa physionomie : le mention plat, les joues tombantes, le goitre, le nez à l’arête saillante, le gros grain de beauté près de la narine droite, les cernes prononcés sous les yeux… autant d’éléments qui ne semblent pas faire de doute et qui s’éloignent du portrait attesté de La Fosse par Rigaud et celui laissé par Bouys comme morceau de réception (Versailles, musée national du château. Inv. MV 3542). On y reconnaît bien les lèvres « en moue » de La Fosse, absentes ici. Le pastel de Joseph Vivien (1698 - Paris, musée du Louvre, Inv. 33291) achèvera de nous persuader de cette ressemblance.

« Il fit pour lors le portrait de M. Girardon, sculpteur du roi, célèbre par les excellents ouvrages qu’il a faits dans les jardins de Versailles, et par l’incomparable mausolée du cardinal de Richelieu, qui est dans l’église de Sorbonne » nous avouera le peintre, en 1716, dans la biographie qu’il enverra au Grand Duc Comes III de Médicis, plaçant la confection de son œuvre tout juste avant celle du portrait du frère du Roi en 1688. Dezallier d’Argenville ose même avancer que « le portrait du fameux Girardon fut son second morceau » après celui du joaillier Materon. Il est à noter que l’inscription rapportée après le rentoilage au dos de l’exemplaire milanais, reprend presque à l’identique la mention de 1716. Une « Tête de M. Girardon » (n° 97), a fait partie de la vente Collin de Vermont en 1761. 

Localisation de l´œuvre :

Milan, museo Civico, Italy

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan