RIGAUD Hyacinthe

Catégorie: Autoportraits
Année : 1710

 

P.1355             

Autoportrait d’Hyacinthe Rigaud dit « au cordon noir »

Âge du modèle : 51 ans

Huile sur toile
H. 80 ; L. 66.
Perpignan, musée Rigaud. Inv. 820-1-2.

Historique :

Absent des livres de comptes ; élaboré vers 1727 ; Achat (6000 francs) avec le portrait du cardinal de Bouillon par Joseph Tastu (imprimeur-libraire de Perpignan).

Bibliographie :

Cat. Perpignan (Crouchandieu), 1884, n°71, p. 88 ; Colomer, 1973, repr. p. 42 ; Lethuillier, 2002, p. 117 ; Perreau, 2004, p. 146,  repr. p. 147, fig. 114 ; cat. Exp. Rigaud intime, La Célestina, 2009, n°13, p. 98, ill. p. 106 ; Perreau, 2013, cat. P.1345, p. 276 ; James-Sarazin, 2016, II, cat. P.1428, p. 490-491 [date le portrait de 1727 (2003/4, cat. I, n°1283)].

Expositions :

Versailles, 1937 ; Toulouse, 1956 ; Gérone, 1957 ; a figuré à la Foire expo. de Perpignan en juin 1964 ; Perpignan, 2009, cat. 13.

Œuvres en rapport : 

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 96 ; L. 63 cm. Allemagne, collection particulière. Historique : vente Berlin, Paul-Mersel, 1er mars 1905, lot 89 ; collection particulière ; vente Cologne, Van Ham Kunsthauss, 17 novembre 2022, lot. 694 (comme Rigaud et atelier)*. 
  • 2. Gravé par Benfredi (avec d'importantes variantes). 

Descriptif :

Ce nouvel autoportrait d'Hyacinthe Rigaud connaîtra un vif succès et sera repris avec variantes par l’artiste tout au long de la fin de sa vie. Si le fameux « cordon noir » fait référence à la couleur du nœud de soie attachant la perruque de Rigaud, en revanche apparaît pour la première fois dans son dos l’écharpe correspondant au titre de Chevalier de l’Ordre de Saint-Michel que le catalan reçoit le 22 juillet 1727 sur l’ordre de Louis XV. Compte tenu de la jeunesse des traits du peintre par rapport aux autoportraits dérivés d’un modèle élaboré vers 1727, nous pensons que la distinction obtenue par Rigaud a été rajoutée par la suite. Rigaud se représente en buste, tourné vers la gauche du tableau, la tête légèrement tournée vers le spectateur. Il tient dans l’une de ses mains sa palette de couleurs et un faisceau de pinceaux, insignes de son art. Sans doute par goût personnel, l’artiste choisit une couleur sombre pour son propre vêtement, dont quelques galons d’or,  les boutons, de même que la manche viennent rehausser discrètement.

La version berlinoise de 1905 est réapparue en 2022 sous le vocale de Rigaud pour le visage et la main mais aussi à l'atelier (Adrien Leprieur ou Monmorency) pour la perruque et le ruban. Bien que le catalogue Van Ham ne le mentionne pas, cette version était connue depuis sa vente de 1905 par une photo en noir et blanc que nous avions publiée pour la première fois en 2013 sous le numéro de catalogue P.1345-1. L'absence sur cette version du cordon de l'ordre de Saint Michel, visible sur l'exemplaire de Perpignan et qui avait motivé une datation vers 1727 (date à laquelle Rigaud obtient cette distinction) tend proposer plutôt aujourd'hui celle de 1710-1715. Les trait du visage de Rigaud sont en effet légèrement plus juvéniles que ceux de l'autoportrait dit de l'Académie qu'il préfigure, tout en étant voisin de celui de la Galerie des Offices de 1716. La faiblesse de facture des drapés et la schématisation de la perruque pourraient indiquer que l'œuvre, inachevée, a pu être complétée plus tardivement, par un artiste peut-être même extérieur à l'atelier (la manière de travailler de Leprieur ou de Monmorency semble plus qualitative de ce que l'on connaît de leur travail). On note de menues variantes par la présence de couleurs sur la palette (absentes de l'exemplaire de Perpignan), par l'absence du profil d'Elisabeth de Gouy sur la palette ou par l'aspect différent du revers galonné de la veste.

Comme nous l’avons évoqué à l’occasion du portrait de la famille Le Juge, Rigaud fait également apparaître sur le chevalet l’esquisse correspondant à la partie droite du tableau d’Ottawa. On y retrouve ainsi sa femme accompagnée de sa fille, sorte de référence à son récent mariage de 1710. On regrettera sans doute que l’artiste n’ait pas souhaité se représenter au sein d’un portrait de famille plus intimiste, à l’imitation de Largillierre (Brême, Kunsthalle). Dans tous les cas la physionomie du peintre est très proche de celle de l'autoportrait dit au porte mine, réalisé en 1711 à la demande du sieur d'Assenet, plaidant pour une datation assez rapprochée entre les deux tableaux.

Notons que le peintre génois Anton Maria Piola (1654-1715) réalisa d’après cet Autoportrait, mais avec certaines variantes, une effigie d'Hyacinthe Rigaud aujourd'hui conservée Palazzo Bianco de Gênes.

 

mise à jour : *4 décembre 2022

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan